Le succès de la levrette

Commençons par son côté esthétique – en tout cas pour l’homme : une femme à quatre pattes, pendant la levrette, offre au regard de son partenaire ses cheveux, sa nuque, ses épaules, son dos, sa taille et ses fesses. Ces courbes et ces lignes – surtout si le bas du dos est cambré, ce qui se produit la plupart du temps – ne sont pas sans rappeler celles d’un instrument de musique, un violoncelle, par exemple. Nombre d’artistes ont peint des femmes de dos, assises, voire accroupies ou allongées, attendant peut-être qu’un amant fasse vibrer leur cordes intimes. Les musées présentent nombre de ces tableaux qui prouvent que la vue de ce dos est à l’évidence extrêmement esthétique, et charmante (voir Degas, en particulier).

sodomieLa levrette devrait donc rester une position propice à la douceur et au romantisme, ce qui peut être le cas, bien qu’elle suscite la plupart du temps les fameuses claques sur les fesses, ou des gestes encore plus dominateurs, tels la prise (douce, s’il vous plaît !) des cheveux, quelques griffures sur le dos, voire, si l’homme se couche un peu, la prise des seins à pleines mains. C’est que cette position est en même temps animale (là encore, voire notre article) et que la femme devient « femelle » et que l’homme passe de l’ange à la « bête »

La levrette est une position où ni l’homme ni la femme ne voient le visage de l’autre, ni ses expressions. Psychologiquement, il y a deux façons de traiter cet état de fait : la première est d’imaginer le visage réel de son ou sa partenaire, surtout si quelques mots crus ou romantiques, ou bien des gémissements, rappellent qu’il s’agit bien de notre conjoint(e) habituel(le). Mais une autre possibilité existe : l’homme peut très bien imaginer faire l’amour a quelqu’un d’autre, soit une femme désirée qu’il connaît, soit une célébrité, soit une femme « sans visage » qui n’est alors qu’une personne soumise à ses désirs. De même, la femme peut imaginer le visage de son compagnon, ou fantasmer sur un autre homme – ou sur plusieurs, certaines adorant s’imaginer « offertes » à des inconnus de passage.

Notons enfin qu’on peut se placer devant un miroir : la levrette perd alors sa dimension « esthétique du dos » et « fantasme de l’inconnu(e) ». Les regards, alors, se croisent, ne se quittent plus. Ce que l’on perd d’un côté, on le gagne en animalité dominatrice. La femme peut traiter l’homme en étalon à son service, l’homme peut assigner à sa partenaire le rôle de bête dominée. A votre choix…

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