Vers la fin du tabou des sextoys pour hommes

Encore aujourd’hui et dans l’imaginaire collectif, l’homme est plus gêné que la femme quand il s’agit d’acheter un sextoy, d’autant plus que son désir est souvent caricaturé. Les femmes auraient une sexualité bien plus subtile que la nôtre avec une part de mystère et de multiples orgasmes très différents les uns des autres alors que nous, ce ne serait uniquement et simplement mécanique, ce qui est totalement faux !

Il a fallu une dizaine d’années pour que le sex toy quitte les alcôves des magasins spécialisés et devienne un accessoire branché pour femmes, entre petit canard vibrant et vibromasseur en forme de dauphin. Mais les hommes, jusque-là, étaient exclus de ces réjouissances.

«Si ça s’appelle « jouis-minute », ça ne va pas être possible»

Ces jouets vibrants ont connu une petite révolution au milieu des années 2000, devenant des objets de consommation courante, au design étudié et ludique, notamment le «lapin» vibrant rendu célèbre par la série américaine «Sex and the city». Aujourd’hui, ces objets aux tons vifs, achetés dans des boutiques de lingerie ou des grands magasins, s’installent dans les tables de nuit de retraités de banlieue ou de citadins célibataires, et ne font plus rougir.

Cannettes masturbatoires

Les canettes masturbatoires Tenga, lancées en 2005 au Japon, pays aventureux sur le plan sexuel, se sont déjà vendues à 13 millions d’exemplaires dans une quarantaine de pays, dont 1,3 million en Occident. Ces objets technologiques à usage unique existent dans une dizaine de versions qui sont censées imiter les sensations de différentes positions sexuelles, avec des noms comme «Gorge profonde» qui laissent peu de place à l’imagination.

Son créateur Koichi Matsumoto, ingénieur mécanique de formation, explique avoir voulu briser l’image négative de ces sex toys pour hommes et promouvoir le plaisir en solitaire comme une activité saine, «qui n’a rien à voir avec une quelconque obscénité».

D’autres jouets pour hommes envahissent le marché, comme le «Cobra» d’une marque allemande, un gadget rechargeable qui ressemble à une petite voiture futuriste avec un mécanisme vibrant sur 5 cm à une extrémité.

Ou encore l’Oeuf, du fabricant japonais Tenga. En silicone strié, il se glisse dans le creux de la main et, selon son fabricant, c’est un parfait accessoire de voyage, dont les sensations sont «à défaillir».

la revanche du point P

L’industrie du sextoy a évolué, là où avant se mêlaient godes couleurs chair et boules de geisha, aujourd’hui s’ajoute les gaines de masturbation, plug anal, anneaux pénien, pinces vibrantes pour hommes ….hétérosexuels. Seulement si les hommes reconnaissent bien volontiers se masturber, la plupart semblent encore frileux à l’idée d’explorer leur sexualité avec des sextoys. Mais pourquoi ?

La réalité, c’est qu’il n’y a pas si longtemps que cela on considérait qu’un homme qui était dans l’exploration était forcément homosexuel et encore maintenant en ce qui concerne les sextoys prostatique, les clients nous demandent si c’est aussi pour les hétérosexuels. On constate cependant qu’il y a de plus en plus d’hétérosexuels qui demandent ce genre de sextoys et qui ne sentent absolument pas remis en question dans leur virilité. Il y a encore des réticences certes mais c’est aussi parce qu’il y a toute une tradition culturelle et machiste qui persiste dans l’imaginaire collectif.

On parle aujourd’hui de plaisir prostatique,ce fameux point P et avec lui notre vision de la masculinité traditionnelle en prend un coup. La célèbre dialectique actif-passif, dominant-dominé, est bien mise à mal : la femme se doit d’être accueillante et l’homme offrant, pas l’inverse. Mais il y a une différence entre pratique sexuelle et orientation. Non le plaisir anal chez l’homme n’est pas lié à une attirance pour le sexe masculin . Alors pourquoi cette incapacité à envisager des hommes hétéro pénétrables ? Et si on voyait cela plutôt comme une inversion des rôles ?

Le fantasme de l’inversion des rôles n’est pas si tordu que cela en fait. Avec des romans comme 50 Nuances de Grey, on a constaté un réel engouement pour les jeux érotiques au sein du couple, une ouverture vers une sexualité plus débridée, plus ludique, plus libérée des préjugés. Et vouloir échanger les rôles, ce n’est finalement que cela : un jeu de rôle. Il nous a confié que les menottes n’étaient pas réservées qu’aux femmes dans les jeux érotiques au sein du couple. Les hommes aussi éprouveraient du plaisir à être à la merci de l’autre.

Une relation intime à deux plus ludique

Peut-être pour décomplexer les hommes, les marques débordent d’imagination pour faire de ces objets de véritables gadgets design aux technologies de plus en plus sophistiquées. Les couleurs sont viriles, les formes ergonomiques, on se croirait tout droit sortis d’une pub pour un déodorant. Si explorer sa sexualité avec un sextoy n’est pas encore totalement rentré dans les pratiques de l’homme, les mentalités évoluent doucement et pour le plaisir de tous. Car oui finalement, il n’est question ici que de plaisir, alors pourquoi s’en priver ?

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