Le mystère de la femme fontaine

Atteinte au summum de l’excitation, l’éjaculation féminine désigne la libération incontrôlée d’un liquide produit par de petites glandes situées entre le vagin et l’urètre au moment de l’orgasme. La quantité sécrétée varie selon les femmes et les moments. Mais sachez-le, la complicité et le lâcher-prise peuvent mener toutes les femmes sur la voie de cette sensation si particulière.

Si toutes les femmes peuvent être des femmes fontaines. En revanche, toutes ne peuvent pas éjaculer.

Stars des sites pornographiques, les «femmes fontaines» sont longtemps restées un mystère pour la communauté scientifique. D’où vient ce liquide expulsé (parfois sur plusieurs mètres) par les femmes? Est-ce qu’elles éjaculent comme les hommes? Toutes les femmes peuvent-elles être fontaine? En réalité le mécanisme de l’éjaculation féminine et celui des femmes fontaines sont différents.

L’éjaculat féminin est un liquide issu de la «prostate» des femmes, tandis que les sécrétions de la femme fontaines proviennent de sa vessie, d’où l’expulsion d’un jet conséquent. «L’éjaculation féminine ne survient que chez certaines femmes, celles qui ont une glande similaire à la prostate», explique le Dr Pierre Desvaux, andrologue, sexologue, et directeur d’enseignement à l’Université Paris-Descartes. «Nous supposons en revanche que toute femme peut être une femme fontaine».

Malgré son intensité, l’éjaculation féminine reste un sujet encore tabou et peu connu. Et pourtant, toutes les femmes peuvent accéder à ce nirvana. De multiples théories et explications ont eu cours jusqu’en 2014. A cette date une équipe française a réussi à identifier le liquide émanant du vagin. Sept femmes ayant une expérience courante de l’émission de liquide ont vidé leur vessie pour éviter la confusion entre les deux sécrétions. Puis elles se sont masturbées jusqu’à l’orgasme sous l’œil de l’échographe scannant leur vessie. Une analyse de la vessie et des autres sécrétions a également été menée avant et après.

Résultat, la vessie vide avant la stimulation se remplit rapidement sous l’effet de l’excitation, et c’est bien elle qui se vide lors de l’excrétion du liquide. Mais ce dernier n’a pas le temps de se charger en acide urique et autres composantes de l’urine, si bien qu’il reste clair.

L’origine de l’éjaculation

Les chercheurs estiment par ailleurs que deux types de déclenchements différents peuvent avoir lieu. Dans le premier cas, le phénomène est produit par une stimulation mécanique du point G, mais aussi avec l’urètre. Dans ce cas, l’émission n’est pas nécessairement associée à l’orgasme. Au-delà du mécanisme physique, le cérébral joue aussi un rôle majeur pour atteindre ce degré de plaisir. L’éjaculation peut alors prendre la forme d’une réponse locale et autonome, qui n’est pas exempte de plaisir.

Dans le second cas, l’éjaculation féminine est déclenchée par un lâcher-prise extrême au niveau cérébral. Et ceci sans forcément nécessiter de stimulation du point G. C’est ce qui expliquerait des profils si différents à la fois dans l’aspect du phénomène, dans sa fréquence et dans son ressenti subjectif.

Qu’est-ce que l’éjaculation féminine et d’où provient-elle?

Autrefois, avant la découverte de l’ovulation, on pensait que la femme comme l’homme avait une « semence » qui s’évacuait lors de l’orgasme, semence indispensable à la mise en route d’un bébé. Peut-être que cette croyance s’appuyait sur ce vécu. Le Kamasutra évoque également l’éjaculation féminine. Au 20e siècle, les scientifiques ont redécouvert le phénomène sans en révéler cependant toute la physiologie.

L’éjaculation féminine est composée d’un liquide expulsé par l’urètre quand la femme est sur le point d’avoir un orgasme ou qu’elle en a un. La plupart des femmes éjaculent sans s’en rendre compte parce que l’émission de liquide est très faible. Toutefois, chez d’autres, le liquide est vraiment abondant. On les appelle les «femmes fontaines». Les femmes peuvent éjaculer avec la stimulation vaginale, mais également par la stimulation du clitoris seule.

Les chercheurs ne s’entendent pas sur la composition du liquide libérer par les femmes lors de l’éjaculation. Plusieurs croient qu’il est principalement composé d’urine très diluée et d’autres pensent que c’est un mélange d’urine diluée et de sécrétions des glandes de Skene, qu’on appelle aussi la «prostate féminine». Ce liquide s’apparente au liquide pré-éjaculatoire chez les hommes.

En 1950, Ernest Gräfenberg décrit une zone anatomique située sur la face antérieure du vagin : c’est le fameux point G. Selon lui, c’est cette zone qui gonfle et produit un liquide lors de l’orgasme, qui est rejeté par les voies urinaires. Quand le point G est stimulé, des glandes situées autour de l’urètre (conduit qui amène à la vessie) produisent un liquide qui peut chez certaines femmes être expulsé pendant l’orgasme. Ce sont les glandes de Skène ou glandes para-urétrales.

Pour le Docteur Zaviacic1 qui étudie cette question depuis de nombreuses années, ces glandes seraient similaires à la prostate de l’homme. Comme la prostate, les glandes de Skène produisent une substance appelée PSA. Devant tant de similitudes, le Docteur Zaviacic propose de rebaptiser les glandes de Skène : prostate féminine. Cette prostate féminine correspond anatomiquement au point G.

Est-ce que toutes les femmes peuvent éjaculer? Si non, pourquoi?

On dit que toutes les femmes peuvent éjaculer, que le mental y est pour beaucoup, mais que le physique joue également un rôle important. Il est possible d’obtenir et de maîtriser l’éjaculation avec des exercices de relaxation, car cela demande un lâcher prise physique et mental. Il faut être à l’écoute de ses sensations physiques et érotiques et bien connaître son propre sexe pour y parvenir. Évidemment, une confiance en son partenaire est également primordiale pour expérimenter le phénomène femme fontaine.

Comment fait-on pour éjaculer comme les femmes fontaines?

Le meilleur conseil qu’on puisse donner à une femme qui désire tenter l’expérience, c’est de ne pas chercher à y arriver! L’éjaculation féminine survient surtout quand on ne s’y attend pas et qu’on vit pleinement le moment présent.

Un truc pour augmenter la capacité à éjaculer plus fort est de muscler son plancher pelvien avec les exercices de Kegel. Ces exercices préviennent l’incontinence urinaire et augmente aussi les sensations érotiques. C’est à cela que servent les fameuses boules de geisha!

En gros, il s’agit de localiser le muscle de votre périnée et de faire des exercices. Pour le localiser, penser au muscle que vous utilisez si vous désirez arrêter de faire pipi et effectué ces exercices n’importe quand, même dans l’autobus en vous rendant au travail.

L’éjaculation féminine

Certaines femmes disposent d’une prostate, entre le vagin et l’urètre (canal de l’urine), appelées glandes para-urétrales ou glandes de Skene. Dans une étude publiée en 2011, sur les 25 femmes étudiées, seules 14 avaient une prostate féminine. Ces glandes «sécrètent un liquide qui a les mêmes caractéristiques qu’un liquide prostatique masculin», éclaircit le Dr Pierre Desvaux. Cette sécrétion contient ainsi du PSA (protéine de la prostate), des phosphatases acides ou encore du zinc.

En revanche, cette «prostate féminine» ne pèse que 2 à 3 grammes contre 20 à 30 grammes pour son homologue masculine. «Du fait de la petite taille de leur prostate, les femmes éjaculent au maximum un millilitre de liquide. En général, cet éjaculat passe inaperçu car il se perd dans les sécrétions vaginales», explique le Dr Pierre Desvaux.

Femmes fontaines

Au contraire, certaines femmes, qualifiées de «femmes fontaines» libèrent avant ou pendant l’orgasme une quantité importante de liquide au niveau de l’entrejambe. Une équipe de chercheurs, menée par les Drs Samuel Salama et Pierre Desvaux, a montré en 2014, que le fluide expulsé provient de la vessie.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques ont recruté sept femmes fontaines. Ces dernières sont allées uriner avant d’avoir une relation sexuelle avec leur partenaire ou avant de se masturber. Puis, les chercheurs ont observé à l’aide d’une échographie la vessie des patientes avant la relation sexuelle, durant la période d’excitation et après l’expulsion de liquide. «Nous avons remarqué un remplissage de la vessie remarquable pendant l’excitation sexuelle suivie par le vide complet de celle-ci après l’expulsion», notent les chercheurs. Des mesures biologiques sont ensuite venues confirmer ce résultat.

Stimulation sexuelle et détente

Mais comment se fait-il que la vessie se remplisse aussi rapidement? Selon l’hypothèse la plus plausible, cela serait dû à l’effort physique et à l’excitation sexuelle. Ces deux situations, qui font augmenter le rythme cardiaque, entraînent une circulation et une filtration plus rapide du sang. La quantité de liquide, présent dans la vessie, augmente.

L’expulsion de ce liquide serait ensuite une question de «lâcher-prise». «La stimulation et la détente sont les points clefs de ce mécanisme. Mais nous remarquons également que les femmes poussent souvent le liquide vers l’extérieur», explique le Dr Pierre Desvaux. Aucune femme fontaine ne ressemble à une autre: alors que certaines contrôlent ce mécanisme, d’autres en sont incapables. De même, le jet de sécrétions n’est pas obligatoire à chaque rapport. Cela peut également prendre la forme d’une petite cascade. Enfin, être une femme fontaine ne signifie pas forcément vivre un «super orgasme».

La manifestation d’un lâcher-prise

Ce phénomène se retrouve surtout chez les femmes qui savent s’abandonner et se laissent complètement aller dans leur recherche du plaisir. « Dans le cerveau, le centre du contrôle de la miction et celui du lâcher-prise pour obtenir un orgasme sont très proches », confirme le Dr Salama. Bien sûr, sur le terrain des ébats sexuels, cela demande une certaine organisation, comme une alèse ou des serviettes-éponges afin de ne pas avoir ensuite à dormir dans des draps trempés. « Encore faut-il le faire naturellement, sans penser qu’il s’agit d’une anomalie, explique la sexologue. C’est tout simplement la forme expressive de la sexualité d’une femme particulièrement excitable. Une excitabilité qui varie aussi selon les périodes, la représentation que l’on se fait de la sexualité, de ses attentes et de la relation à l’autre. Et un vécu qui dépend à la fois de la façon dont la femme l’assume et de celle dont son compagnon réagit. »

Stop aux idées reçues

On a longtemps entendu que l’éjaculation féminine n’existait pas, qu’il ne s’agissait en fait que d’un jet d’urine produit lorsque la femme était stimulée alors qu’elle avait la vessie pleine, ou pire : que c’était une maladie voire un dysfonctionnement. Cette fausse idée a depuis été contredite par des chercheurs, bien heureusement. On sait aujourd’hui que le liquide produit n’est ni de l’urine, ni des pertes, ni de la cyprine (une sécrétion produite par le vagin lors de l’excitation sexuelle). La publication d’études scientifiques ainsi que la libéralisation de la parole dans le domaine sexuel a permis aux femmes de démystifier ce sujet, trop longtemps réservé à une minorité ou associé, à tord, à la pornographie. Aujourd’hui, l’éjaculation féminine est un sujet qui tend à être mieux abordé et compris du grand public, afin que toutes et tous puissent vivre une sexualité épanouie, sans tabou ni fausses idées.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *