J’ai vécu une passion sexuelle au travail

Collègues, Estelle et Antoine ont eu une liaison passionnée. Une relation secrète aussi transgressive qu’excitante.

Il y a cinq ans, j’ai été recrutée comme chargée de clientèle dans une agence d’événementiel qui organise des séminaires, soirées et conférences de presse pour les entreprises. J’ai tout de suite trouvé Antoine, le directeur technique, très sexy avec ses grands yeux noirs, ses cheveux bruns et son sourire discret. Visiblement je n’étais pas la seule sous le charme. Les autres filles, avec qui j’ai sympathisé, en faisaient leur sujet de conversation préféré. Antoine intriguait. Il ne portait pas d’alliance et ne s’épanchait jamais sur sa vie perso. 

« Nos jambes se frôlaient sous la table »

Nous n’avions aucun rapport hiérarchique direct et n’étions que rarement sur les mêmes projets alors quand je le retrouvais sur un dossier, je me réjouissais. Nous échangions des mails, discutions en réunion. Antoine était cordial mais toujours très sérieux. Cette posture m’attirait. Je l’observais, lui décochais un sourire dès que je le pouvais. Je revivais mes années lycée, les couloirs que l’on arpente en espérant tomber sur l’autre.  

Un jeudi, nous sommes sortis dans un bar après le boulot pour fêter la signature d’un gros client. Déjà trois mois que j’étais dans la boîte. Antoine et moi étions assis sur la même banquette et parlions boulot. Nos jambes se frôlaient sous la table. Je ne savais pas si c’était volontaire ou non mais la sensation agréable de sa cuisse contre la mienne me déstabilisait. 

« C’était l’occasion ou jamais de faire un pas vers lui »

Plus tard, nous avons envahi la piste de danse. Antoine me paraissait différent, plus ouvert, plus détendu, soulagé du boulot accompli. J’ai eu un déclic. C’était l’occasion ou jamais de sauter le pas. J’ai me suis avancée vers lui, gênée mais excitée, déterminée à tenter quelque chose. Je lui ai dit qu’il était très beau, en dansant et en plein brouhaha. Avec ce compliment, je prenais moins de risque qu’avec un baiser, même si j’avais terriblement envie de l’embrasser. Antoine m’a souri puis m’a proposé de me déposer chez moi. Arrivés à sa voiture, impossible de retrouver ses clés. Nous les avons cherchées pendant deux heures, dans la rue d’abord puis à l’agence, avant de nous résoudre à prendre le métro.  

En bas de chez moi, j’ai pris mon courage à deux mains pour l’inviter à monter. Il m’a emboîté le pas. C’est lui qui m’a embrassée avant que je n’ouvre ma porte d’entrée. Un baiser spontané, alors que je cherchais mes clés. Nos bouches ne se sont pas décollées, du palier au canapé. Ce que dégageait Antoine au quotidien, d’intouchable et de profond, se ressentait dans sa sexualité. Il était taiseux, un peu fermé, entreprenant mais avec une once d’hésitation. Il ne me regardait pas dans les yeux, comme pour dissimuler son plaisir. Une certaine pudeur émanait de lui, qui m’excitait plus encore. 

« Nous afficher au grand jour nous aurait fait perdre du piment »

Le lendemain, Antoine est arrivé une heure après moi au boulot. Il m’a fait la bise, comme aux autres, tout en me jetant un regard complice. Il m’a envoyé un mail quelques jours plus tard pour me dire qu’il avait encore perdu ses clés de voiture. Je lui ai répondu que je venais de tomber sur son trousseau. Cette anecdote est devenue notre code. Nous avions brisé la règle du « no zob in job » et on s’en fichait pas mal. Seulement, nous ne voulions pas que les autres le sachent. Peur que ça nous desserve au travail, peur des ragots aussi. 

Avoir une relation en cachette était agréable. Nous nous lancions des regards explicites, des « vivement ce soir » par SMS en réunion. Cela faisait monter instantanément la température. Nous afficher au grand jour nous aurait fait perdre du piment. Cela nous aurait obligé à nous demander si nous étions un couple ou non. Ne pas se montrer ensemble était donc un bon moyen de laisser les choses se faire sans pression. 

« Nous nous retrouvions dans les toilettes les plus isolées de la boîte »

Au bureau, les horaires étaient plutôt souples. Nous pouvions nous échapper de longues minutes sans attirer l’attention. Nos retrouvailles avaient lieu dans les toilettes les plus isolées de la boîte. Nous nous enfermions dans une cabine et ni une ni deux, Antoine plaquait mon corps contre le mur, une main sur ma bouche. Le sexe était toujours à la vite, précipité, bestial. Nous avions un besoin urgent de fusionner. L’excitation grandissait avec la crainte de nous faire surprendre. Le désir était si intense que nous oublions l’inconfort. Antoine avait abandonné sa pudeur des débuts. Il menait la danse, me faisait l’amour sauvagement et montre en main. 

J’ai essuyé plusieurs fois des remarques en arrivant en retard en réunion. Ce n’était ni méchant ni suspicieux, mais mon boss m’a précisé qu’être à l’heure n’était pas option. Ça me passait au-dessus. Après avoir fait l’amour avec Antoine, j’étais dans une bulle, coupée du monde. 

« Nous faisions l’amour à même le bureau »

Il nous arrivait aussi de nous retrouver le soir tard, quand l’agence était déserte. Nous envoyions balader les dossiers et faisions l’amour à même le bureau. Le lendemain, je regardais toujours mon ordinateur d’un autre oeil en repensant à nos ébats de la veille. Quand le lieu que l’on associe à la réflexion et au sérieux se transforme en terrain d’expérimentations sexuelles, on a le sentiment d’être rebelle. Le plaisir est renforcé, multiplié par la transgression, c’est déconcertant.  

En plus d’un épanouissement sexuel dingue, vivre cette relation au boulot m’a apporté un regain d’énergie considérable. J’avais hâte de venir le matin et de travailler en binôme avec Antoine. Professionnellement, je me sentais capable d’abattre des montagnes.  

Plus le temps passait, plus notre histoire devenait sérieuse. Il ne s’agissait plus uniquement de sexe, loin de là. Au bout d’un an, Antoine a quitté l’entreprise. C’était mieux pour nous. Cela fait cinq ans aujourd’hui que nous sommes ensemble. Bien sûr, nous avons une vie sexuelle intime plus « classique » mais nous avons gardé le goût de faire l’amour dans des lieux interdits. Au quotidien, Antoine s’amuse parfois à me faire la bise, pour le clin d’oeil. Instantanément, ça me prend dans le ventre, j’ai envie de lui et nous courrons dans notre lit.

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